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Latifa Laâbisi | Habiter

Latifa Laabissi
Abdellah Karroum et Sandrine Wymann
L'appartement 22 et divers lieux à Rabat et Salé

« Habiter » au Maroc




Dans « Habiter » de Latifa Laâbissi, les disciplines se croisent, les artistes se rencontrent, les cadres habituels sont dépassés : la chorégraphe danse chez l’habitant, sa performance est filmée et existe sous forme de vidéo. Fréquemment, l’image filmée est introduite dans l’espace scénique du danseur. Parfois décor, parfois acteur, elle fait partie du spectacle. Plus rares sont les expériences où la vidéo, convoquée par le danseur, est une fin en soi. Elle est dans « Habiter » l’aboutissement d’un travail qui passe par la découverte du lieu, son appropriation et la danse. Ici le film retient la performance dansée pour, au final, exister seul et être l’unique élément « spectaculaire ». Le trait d’union non pas entre la danseuse et l’habitant qui a eu la possibilité d’assister à la performance, mais entre la danseuse et le public. La place du public est un autre enjeu de ce travail. « Habiter » relève plus volontiers de l’expérience que du spectacle. La confidentialité guide le projet, de sa création à sa transmission. La forme frontale de la restitution en lieu public est ici délaissée, privilégiant des ambiances plus intimes voire, elles-mêmes expérimentales.

Habiter… momentanément, prendre possession, s’attribuer un espace par les gestes, les pas. Un espace inconnu de l’un, quotidien de l’autre. Habiter, est-ce détourner ? est-ce subtiliser ? est-ce partager ? Déplacer géographiquement cette expérience, la dérouler dans un milieu culturellement éloigné introduit de nouvelles inconnues. L’artiste est doublement fragilisée par la surprise du lieu et la méconnaissance des rituels de rencontre et de partage d’expériences. Reformuler, adapter le projet s’impose. Les protocoles de rencontre et de restitution, valables chez les uns, effrayants pour les autres sont amenés à trouver leurs formes et à devenir une évidence dans un contexte différent.

C’est cette remise en question d’une expérience déjà menée en France, et qui demande redéfinition au Maroc, que nous souhaitons accompagner. Au travers d’ « habiter au Maroc », de sa re-création, la diversité culturelle ne sera pas l’objet d’une étude ou d’une analyse mais d’un processus qui s’énoncera à travers l’écoute et la rencontre, l’attention et l’attente.

Sandrine Wymann