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Younès Rahmoun | Al-Âna/Hunâ

Curator: Abdellah Karroum
Rif Mountain

summer 2007
« Tghoafat » Ghorfa du champ d’amandes




La chambre du niveau supérieur, toujours au sommet de la maison, est l’unique pièce qui a une vue sur le jardin, sur la montagne ou le champ. La Ghorfa (tghoafat en rifain) est un espace réservé à la lecture, à la solitude et parfois à l’écoute du vent et autres aboiements de chiens et cris de loups. Nous sommes dans le Rif, desséché par les années de plombs et les changements climatiques. La famille de Younès a quitté ces montagnes pour la ville depuis des décennies. Tétouan est une ville, à l’étroit, au pied de la montagne. En face ce sont les souvenirs post-coloniaux, des ruines. Dans la maison, l’espace de l’étudiant a commencé sous les escaliers. Cloisonné, le voyage devient intérieur. C’est en faisant le chemin inverse à celui de ses parents que Younès installe sa Ghorfa dans ce champ appelé Louza d’Kukuh près de l’Marj à Beni-Boufrah.

Ce volume inversé par l’imaginaire de l’artiste deviendra multiple. Les possibilités de ses différentes mutations ont été « révélées » dans la rencontre de la connaissance et de l’expérience de l’espace lui-même. Ghorfa prend forme(s) dans divers contextes, avec de nouveau matériaux et surtout pour de multiples expériences. L’artiste va d’un espace intérieur vers le monde. Il achète une parcelle de terrain sur lequel il construit son œuvre comme espace offert aux habitants, aux bergers et à tous ceux qui passe par ce chemin. Cet acte remet en question la notion de propriété de la terre et propose un espace de travail, de repos et de méditation. C’est dans ces montagnes, un peu plus à l’Est et il y a quelques années, que ce dialogue a commencé avec Younès lors de la première expédition Le Bout Du Monde au champ de l’Arabe. On dit qu’ici sont cultivées les meilleures amandes au monde. Mais il y a aussi la coopérative de femmes diplômées qui collectent les plantes du Rif pour l’export en commerce équitable. À suivre…

A.K. (Fez, décembre 2008)